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Ma démarche

Capucine Frecciani
Portrait de Capucine Frecciani, appareil photo à la main, en extérieur

Je crée des photographies qui existent entre réalité et imagination.

Je suis Capucine Frecciani, artiste photographe. Mon travail explore la coexistence quand une seule photo ne suffit plus à raconter une histoire.

Je travaille principalement autour de la double exposition en post-production, en superposant des fragments de différents lieux, cultures, paysages, architectures et moments de vie pour créer des images qui révèlent plusieurs réalités simultanées.

Je veux qu'on se remette à ressentir les choses, profondément, intimement, sans peur. Je veux que mon travail appelle à l'imagination, au rêve. Cette superposition de réalités, c'est comme dans ma tête : des souvenirs, le présent, des aspirations, tout se chevauche harmonieusement, à travers le spectre de ma pensée, de mon être. C'est moi.

L'image fondatrice

Hanoï, Vietnam

Le début de cette démarche remonte à une photographie que j'ai prise presque sans y penser, à Hanoï, au Vietnam. À l'entrée du temple Ngọc Sơn, sur le lac Hoàn Kiếm, j'ai photographié une femme derrière son guichet, séparée des touristes par une vitre. Dans le reflet, un homme portant un maillot de Jude Bellingham apparaissait dans la scène.

Je ne le savais pas encore, mais cette image allait devenir la prémisse de tout mon travail. Elle faisait coexister, dans un même cadre, deux mondes que je n'avais pas cherché à réunir : la tradition et la modernité, l'ancrage et le mouvement, le local et le global.

Cette photographie m'a fait me questionner sur ce qu'une image pouvait réellement révéler. Je me suis demandé si la photographie pouvait aller au-delà de la capture d'un seul instant. Comment arriver par la photographie à faire coexister plusieurs réalités ? Comment révéler quelque chose de plus grand, plus profond ? D'infiniment plus complet, plus détaillé que chacune de ces images prises séparément.

C'est à partir de cette question que ma pratique s'est construite.

Une femme derrière le guichet du temple Ngọc Sơn, à Hanoï, et le reflet d'un passant dans la vitre
Temple Ngọc Sơn, lac Hoàn Kiếm — la photographie à l'origine de tout le travail

Expérimentation

Ma pratique

Mon travail est profondément guidé par l'expérimentation. Je photographie intuitivement, je collecte des fragments de différents voyages et moments, puis je les fais se rencontrer de manière parfois inattendue. Certaines associations sont pensées, d'autres naissent du hasard, de l'essai ou de l'instinct.

Le résultat n'est pas destiné à être compris immédiatement. Ce qui m'intéresse, c'est ce moment où la reconnaissance laisse place à l'imagination : lorsque l'on regarde une image et que l'on commence à y découvrir un autre lieu, une autre mémoire, une autre histoire.

L'inspiration

Un grand concept

L'inspiration. Grand concept qui me semble assez abstrait. L'inspiration n'est pas une fin en soi. Je pense qu'elle est le fruit de l'acceptation du fait qu'elle n'existe pas en tant qu'élément déclencheur de la création, mais plutôt comme un état durant celle-ci. Au fond, pour moi, l'inspiration n'existe pas au sens où on l'attend.

L'action créative est la mise en mouvement de soi, pour soi, en étant soi, sans jugement. Le fruit du travail inspiré est l'art que l'on ne comprend pas mais que l'on ressent, auquel on s'identifie sans vraiment savoir pourquoi. Alors peut-on dire que l'inspiration vient de soi ? À travers l'acceptation de l'élan créatif, et non à la suite d'une longue et pénible réflexion.

Deux photographies deviennent une. Et quelque part entre les deux, une troisième histoire apparaît.

Mes séries explorent cet espace entre ce que nous avons vu, ce dont nous nous souvenons et ce que nous imaginons.

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